17-07-2017  L'Etape du Tour Briançon col d'Izoard

L'étape du Tour a vécu sa 27° édition ce dimanche 16 juillet. Une date que des milliers de cyclosportifs avait bien évidemment coché de longue date sur leur agenda. 15000 cyclistes inscrits annoncés et 12162 cyclistes au départ.

Cette étape du Tour entre Briançon et le col d'Izoard était longue de 180 km pour 3600 m de dénivelé. L'étape du Tour qui renoue avec une longue distance, voilà une bonne nouvelle ! Qui ne sera pas éphémère espérons-le !

Briançon avec sa cité Vauban inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO accueillait pour la première fois cet évènement. Avec des conditions climatiques parfaites et un soleil très généreux. Il est vrai que le département des Hautes-Alpes figure parmi les départements les plus ensoleillés de France.

Pour le départ, 16 sas avaient été mis en place. Et tous ceux qui ont suivi le fléchage pour rejoindre un des sas de 0 à 9 via la route de Gap/Embrun ont pu se rendre compte d'un couac assez incompréhensible (et rare pour cette organisation). Une cohabitation difficile entre les voitures encore autorisées à passer au niveau d'un rond point avec les cyclistes qui se retrouvaient dans un goulot d'étranglement sur un pont pour rejoindre les sas. Le fléchage de la route de Gap pour rejoindre les sas n'était sans doute pas la meilleure idée.
Quoi qu'il en soit, départ à 7 h pour les premiers, puis de 7 minutes en 7 minutes par sas (et donc départ pas loin de 9 h pour les derniers). Le départ est rapide, très rapide. La côte de Saint-Martin-de-Queyrières est anecdotique avant de dévaler vers l'Argentière-la-Bessée. La statue emblématique de l'alpiniste Edward Whymper s'est parée de jaune, puisque "Edward Whymper aime le Tour". Enfin c'est ce qu'on lui fait dire, parce qu'en fait on n'en sait rien !
La descente de la vallée de la Durance svers La Roche-de-Rame puis Saint-Crépin est très roulante, avant de bifurquer vers Réotier. Dommage, pas le temps de visiter l'étonnante fontaine pétrifiante toute proche, on reviendra.
En tournant un peu la tête, on aperçoit de l'autre côté de la Durance le fort de "Mont-Dauphin niché sur son plateau rocheux. Un site exceptionnel. Guillestre n'est pas loin, mais ça sera pour plus tard.
La route devient moins plate, mais le relief n'a vraiment rien d'effrayant. Descente sur Clément-sur-Durance pour rejoindre Châteauroux-les-Alpes puis Embrun, haut lieu du triathlon avec son Ironman.

Au paysage de montagne va alors se rajouter le lac de Serre-Ponçon. Le décor est grandiose.
La commune de Crots avec le château de Picomtal, puis Savines-le-Lac. Le parcours est toujours roulant, très roulant, avec déjà plus de 50 km de parcouru.

La côte des Demoiselles Coiffées au bout du km62 constitue la véritable première difficulté de la journée. Une ascension classée en 3° catégorie. La route est belle, très belle. Et la circulation cycliste est dense, voire très dense avec des différences de niveaux pas forcément en adéquation avec les numéros des sas et les ordres de départ.
Le décor magique du lac de Serre-Ponçon accompagne toujours les cyclosportifs, jusqu'à entamer la remontée de la vallée de l'Ubaye : Le Lauzet-Ubaye, Méolans-Rével,...
Le revêtement est toujours excellent. La tentation est forte de mettre un gros braquet, mais imperceptiblement la route s'élève tout doucement. Attention, car il reste encore de la route à faire...
Barcelonnette, déjà 100 km parcourus, sans encore de véritables difficultés. Le ravitaillement est un point d'arrêt pour beaucoup, avant d'aller vers le col de Vars. Un point d'arrêt, sauf pour ceux qui sont venus avec une organisation privée qui dispose de leurs propres stands. Une organisation dans l'organisation...
Direction Jausiers puis Saint-Paul-sur-Ubaye, la plus grande commune des Alpes-de-Haute-Provence et la 10° plus grande commune de France.
C'est alors que commence la véritable ascension du col de Vars (2109) avec 9,3 km à 7,5% de moyenne. Au sommet, il ne reste alors "plus" qu'une seul vraie difficulté à gravir, le col d'Izoard.

La descente vers Vars puis Guillestre est belle. Guillestre, c'est le dernier point de ravitaillement complet avant l'arrivée. Il y a du monde et les encouragements fusent au coeur du village.

Commence alors la partie la plus dure de cette étape, les 30 derniers kilomètres. La remontée de la vallée du Guil est plutôt roulante, avec un vent favorable. Mais attention au coup de chaud avant l'Izoard car le mercure est très haut et tutoie les 40°C.

Le Fort Queyras est en vue, il faut alors bifurquer à gauche pour 14 km d'ascension à 7,3% de moyenne.
Sur la première partie, la pente est raisonnable mais le mercure est toujours aussi haut. Arvieux est une première étape avec le ravitaillement de la Chalp, puis le hameau de Brunissard. C'est le moment ou jamais de profiter des points d'eau avant d'affronter la partie ultime. Des personnes au bord de la route ont la bonne idée de rafraichir les cyclistes qui le veulent par de l'eau bien fraiche dans la nuque ou le dos.
A partir de Brunissard, la pente s'élève inexorablement notamment avec cette longue ligne droite qui semble interminable. Les pourcentages sont alors souvent entre 9 et 10%. Des campings cars ont déjà pris position en prévision des pros qui passeront au même endroit jeudi. Sans doute un moment clé pour ce tour de France 2017.
Les encouragements font oublier (un peu) la difficulté de cette partie finale. Enfin pas pour tout le monde, car certains souffrent de la chaleur ou de crampes et sont arrêtés dans le fossé. D'autres marchent à pied, le vélo dans un main.
L'apparition de la Casse Déserte avec son étonnant paysage minéral et la stèle à la mémoire de Fausto Coppi et de Louison Bobet est un soulagement. Il ne reste plus que 2 km. Et pour le dernier kilomètres, une pancarte est là pour nous rappeler "1 km c'est quoi dans une vie". Enfin pour ceux qui arrive encore à lire la pancarte, parce que si c'est le cas, c'est qu'ils n'ont pas pédaler assez fort comme le disait une pancarte quelques kilomètres plus bas.
Sommet du col d'Izoard, le bonheur, voilà c'est fini. Les dieux arrivent au fil des heures ("parce que les hommes font du rugby, les dieux font du vélo"). Le ravitaillement au sommet est le bienvenu.

Il ne reste alors plus qu'une descente sans stress, car sans chronomètre pour redescendre sur Briançon. Et découvrant au passage un très beau panorama sur le village de Cervières.

Et à l'arrivée au village étape à Briançon, remise de la médaille à tous et un sac repas plutôt bien fourni.

A l'arrivée, 11207 cyclistes classés, le premier, Abrahamsen Jonas en 5h15 et le dernier, Tom Zaccaro en 13h02. Chez les femmes, Edwige Pitel l'emporte en 5h42 devant Magdalena de Saint-Jean.

Pour consulter le classement de l'Etape du Tour, c'est ici.

Et pendant que les finishers rentraient chez eux en voiture en descendant à nouveau la vallée de la Durance, en contresens montaient des bus balais remplis ou encore des cyclistes arrêtés à Guillestre et hors délai.





    


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