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#1 21-07-2010 22:22:23

fred1383
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Etape du Tour 2010 : Pau - col du Tourmalet

EDT2010-4.jpg A l’occasion du centenaire du Tour de France dans les Pyrénées, la 18° édition de l’étape du Tour se devait bien entendu de s’y dérouler. Avec à la clé une des étapes reines de ce tour de France, Pau – col du Tourmalet : 181 km, 4400 m de dénivelé, 3 cols (Marie-Blanque, Soulor et Tourmalet). Pau et l’étape du Tour, c’est comme une histoire d’amour puisque la ville est ville de départ ou d’arrivée pour la 6° fois, soit un tiers des éditions.
Et cette année, un recours de participation est battu, puisque la limite était fixée à 9500. En fait, ce sont environ 8400 cyclistes qui prennent le départ en ce dimanche 18 juillet, avec toujours un fort contingent d’étrangers (Australie, Suisse, Canada, Brésil, Ukraine, Dubai,… ; au total, 49 pays sont représentés) qui constituent environ un tiers du peloton.
Le village départ avait investi l’hippodrome du Pont-Long à Pau, avec une surface de 13000 m², 200 bénévoles au service des cyclosportifs, des dizaines de stands, des petits spectacles de la compagnie Mauvais Esprit,…
Pour prévoir le retour en voiture le lendemain de l’épreuve, c’est le village de Bagnères-de-Bigorre, à seulement 1 heure de route de Pau qui accueillait les navettes. Et c’était une très bonne idée d’y laisser son véhicule, comme toujours lors des arrivées en altitude. Car pour ceux qui avait laissé leur véhicule ou qui se faisait attendre à La Mongie (comme l’année dernière au Mont Serein) ont du trouver le temps bien long pour redescendre dans la vallée, pris dans de forts ralentissements. Et oui, les routes de montagne ne sont pas dimensionnées pour absorber un tel trafic en un laps de temps aussi court.
Le départ a été donné Boulevard des Pyrénées, le long du Parc et du Palais Beaumont, un véritable écrin vert au sein de la ville, s’étendant sur 5 hectares. Au départ, comme toujours, de nombreuses personnalités sont là : Alain Prost, Paul Belmondo, Christophe Agnolutto, Valéry Demory, Laurent Brochard, Olivier Marceau, Loïc Herbreteau, Erik Zabel…
EDT2010-8.jpg A 7 heures, le départ est donné, et c’est parti pour avaler plus ou moins rapidement (plutôt plus que moins) les 55 premiers kilomètres jusqu’à Escot. Cette première partie est globalement très roulante, dénuée de vrais difficultés. Seules sont à noter la côte de Renoir (2,2 km à 6 %) et quelques petites (mais courtes) bosses aux environs de Lasseube.
Cela a le mérite d’étirer le peloton avant le premier gros obstacle, le col de marie-Blanque (1035 m), 9,3 km à 7,6 %. Mais ce sont surtout les derniers kilomètres qui affolent les compteurs : 11%, 13%, 12%. Autant dire qu’il faut prier pour que les concurrents devant soi ne mettent pas pied à terre et ne vous obligent pas ainsi également de déchausser, car alors, pour se hisser au sommet et pour basculer de la vallée d’Aspe à la vallée d’Ossau, il ne vous reste plus guère que la marche à pied. A moins que vous soyez équilibriste. Ou à moins de redescendre pour reprendre de l’élan !
Malgré les grosses chaleurs qui se profilent, la température est encore très agréable, la montée étant en grande partie ombragée et la brume ne s’étant levée que depuis peu des sommets.
C’est peu après le sommet, sur le magnifique plateau de Benou que se trouve le premier ravitaillement. Un ravito qui comporte à peu près tout le nécessaire : eau, poudre énergétique, fruits, barres énergétiques, biscuits salés ou sucrés,…
Une belle descente permet de rejoindre la vallée et des portions de routes très roulantes pendant une vingtaine de kilomètres, à l’exception de quelques soubresauts comme au sortir de Louvie-Juzon. Une belle occasion pour rester dans un groupe et économiser ses forces en prévision des prochaines difficultés.
A partir d’Arthez d’Asson, km 96,7, la route commence lentement à s’élever en remontant la belle vallée de l’Ouzom. C’est le moment d’oublier toute notion de groupe et de commencer à prendre son propre rythme pour ne pas se brûler les ailes (ou plutôt les jambes). Arrive alors Ferrières, deuxième lieu de ravitaillement du parcours, et véritable départ de l’ascension du col du Soulor (1474 m) avec 11,9 km de montée à 7,8 %. Presque un lieu d’arrêt obligé, car il ne reste alors que 70 km à parcourir, mais encore 2600 m de dénivelé à affronter.
Au fur et à mesure que la route s’élève, les portions ombragées deviennent de plus en plus rare, et le soleil et la chaleur s’imposent de plus en plus au fil des kilomètres. Au loin, sur la droite, se détache le sommet du col de l’Aubisque. A l’approche du sommet du col, un spectateur agité sur le bord de la route retient l’attention. « 2190, 2191, 2192, 2193, 2194, 2195,…. ». Inlassablement, il compte la position des cyclistes qui passent ! « Ne me dites pas que je suis fou, car sinon j’arrête tout. » ! L’histoire ne dit pas s’il continua son décompte jusqu’au dernier concurrent, mais chapeau d’être arrivé au minimum à passer la barre des 2000. Au sommet du col, la foule est très présente. Et le ravitaillement liquide est très apprécié.
EDT2010-9.jpg Une magnifique descente permet d’atteindre une vingtaine de kilomètres plus loin Argelès-Gazost, dernière occasion de se restaurer. Un ravitaillement au sein d’une vaste place, avec les bénévoles qui viennent, petits cartons à la main, à la rencontre des cyclosportifs pour ceux qui ont du mal à atteindre les tables.
Dans la vallée des Gaves, la chaleur se fait de plus en plus sentir. C’est le moment ou jamais de ne pas se laisser griser et de ne pas tenter de suivre des groupes à l’allure trop rapide pour soi, sous peine de le payer très cher par la suite. En remontant la vallée, la route s’élève tout doucettement. Entre Adast, km 148,8, et Luz-Saint-Sauveur, km 162,9, on passe ainsi de 470 mètres d’altitude à 710 mètres. Une portion qui semble interminable, tellement l’impatience d’affronter le col du Tourmalet, mythe des Pyrénées et du Tour de France, est présente.
Luz-Saint-Sauveur, enfin. Il ne reste plus que 18,6 km. Mais 18,6 km à 7,6 % de moyenne. Si ce final ne durera qu’un peu plus d’une heure pour les meilleurs, pour la majorité des concurrents, cette durée dépassera les deux heures. C’est que la chaleur rajoute pour bon nombre de vaillants pédaleurs fous de la difficulté à ce profil très escarpé. N’oublions pas que pour ceux qui commencent l’ascension à 14 heures de l’après-midi, cela veut dire une ascension à midi, heure du soleil. Soit au moment le plus chaud. Le point d’eau, à Super Barèges, est loin, km 173,2 à 1740 mètres d’altitude. Heureusement, le public présent sur le bord de la route, bouteilles à la main (avec comme sources d’alimentation les ruisseaux descendant de la montagne) permet de rafraichir têtes, cous, dos, jambes et pieds. Il reigne comme une ambiance de Tour de France. Mais c’est normal, les pros passeront ici seulement quelques jours plus tard, et de nombreux campings cars ont déjà pris position. Plus le sommet approche, plus la fréquence des possibles douches froides sont nombreuses, ce qui est très appréciable pour ceux dont l’organisme surchauffe. La surchauffe, justement, de nombreux concurrents semble la connaître (à moins que ce ne soient les crampes, ou les deux) au vu de ceux qui sont arrêtés sur le bord de la route. Quelques-uns connaîtront quelques malaises. Super-Barèges, les bénévoles proposent arrosage des jambes et des pieds à l’aide de lances d’eau. « Je n’ai jamais arrosé autant de jambes de ma vie » s’écria d’ailleurs une femme bénévole.
Reste alors 8 km d’ascension, avec quelques brins de fraicheur due à l’altitude. Le paysage est magnifique avec une montagne verdoyante tapissée de fleurs par endroit, un ciel bleu azur, le fameux Pic du Midi de Bigorre culminant à 2877 mètres avec son observatoire.
La ligne d’arrivée franchie, à 2215 mètres d’altitude, on aperçoit la statue en hommage à Octave Lapize, premier cycliste à gravir le Tourmalet en 1910. Prière de ne pas s’attarder pour ne pas générer d’encombrements au sommet, les concurrents sont invités à rejoindre rapidement La Mongie, quelques kilomètres plus bas. Dans cette courte descente, il faut être vigilant aux vaches qui traversent la route ! A La Mongie, une petite surprise attend les participants pour la petite collation d’après course. Pour retirer son « repas », il faut affronter un côté qui doit dépasser les 10%. Rares sont ceux qui ont le courage encore de pédaler, et la marche à pied est plébiscité par une écrasante majorité. Le « repas » justement, rien de bien extraordinaire encore, même si par le passé cela a pu être bien pire : un petit paquet de chips, une petite salade de riz, un fruit, une bouteille d’eau, une canette de jus de fruit, quelques pâtes de fruits.
Et surprise, un supplément du journal « La République des Pyrénées » est distribué. Dans ce supplément, les photos du départ de l’épreuve et des photos des premiers cols de la journée ! Belle performance de pouvoir distribuer ce journal seulement quelques heures après, proche du sommet du Tourmalet !
6888 cyclistes se sont classés sur l’épreuve. Le vainqueur, Jean-Christophe Currit met tout juste moins de 6 heures. La première féminine, Magdalena de Saint-Jean, se classe 44° en 6 h 30. Notons cette année la possibilité de visionner une courte vidéo de son passage au Soulor, à Luz-Saint-Sauveur et à l’arrivé au col du Tourmalet.
L’organisation de l’épreuve fut encore une fois une belle réussite, n’en déplaise à quelques esprits chagrins qui écument les forums sur internet.
Rendez-vous maintenant pour l’étape du Tour 2011. Et nul doute que d’ici la présentation officielle en octobre 2010, les spéculations vont aller bon train. Il est raisonnable de penser que cela se déroulera dans les Alpes, à moins que le Massif Central revienne au goût du jour, 7 ans après Limoges-Saint-Flour.

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